Endommagées lors de tests peu avant le décollage, les optiques du robot ont dû être refabriquées par Winlight (Pertuis) en un temps record (La Provence) - Pertuisien.fr, la vie à Pertuis (84)


Endommagées lors de tests peu avant le décollage, les optiques du robot ont dû être refabriquées par Winlight (Pertuis) en un temps record (La Provence)





Une catastrophe qui a failli compromettre la mission

Comme chaque élément embarqué sur la mission, le système a dû subir une phase de qualification, pour s'assurer qu'il résisterait aux contraintes du vol. Sitôt fabriqués les miroirs ont donc été confiés au Cnes et à l'Institut de recherche en astrophysique (Irap) pour être testés en laboratoire. Mais fin 2019, lors de l'un de ces essais, la température de l'enceinte dans laquelle avait lieu le test a accidentellement grimpé jusqu'à 250ºC. Des conditions non prévues qui ont entraîné la destruction partielle des miroirs.

À quelques mois du lancement, c'était une catastrophe, car sans ces pièces, c'est la mission tout entière qui était compromise. Philippe Godefroy frissonne encore à l'évocation de ce coup de fil, reçu en décembre 2019 pour lui annoncer la terrible nouvelle. "Dès le lendemain, avant même la commande, on a lancé la fabrication des ébauches, car chaque heure comptait", souffle l'ingénieur dont les équipes ont redoublé d'efforts pour refaire en quelques semaines des pièces qui avaient demandé des mois de travail.

Pour corser le tout, quitte à refaire les miroirs, le cahier des charges a été modifié par la Nasa, avec de nouvelles caractéristiques. Exit la couche de nickel, il fallait polir directement l'aluminium, "or l'alu, c'est le plus mauvais candidat pour fabriquer un miroir, car c'est un métal assez tendre", note Philippe Godefroy, dont les équipes ont dû se préparer en quelques jours. "Les Américains on dit au Cnes qu'ils n'y croyaient pas, mais on a réussi. En fait, on a même un peu sauvé la mission", sourit le directeur de Winlight. Une prouesse qui explique aussi l'invitation de l'équipe au Cnes, jeudi soir, parmi les quelques privilégiés conviés à assister la "l'amarsissage". "C'est pas des choses qui arrivent tous les jours. Mais maintenant, il faut revenir sur terre, les projets continuent..." Alors même que Perseverance fait ses premiers clichés sur mars, la PME pertuisienne travaille déjà avec le Cnes sur une nouvelle mission à destination, cette fois, d'un satellite martien.

(La Provence, 20/02/2021


Date de publication ou de dernière modification : le 21-02-2021 à 16h - Page consultée 234 fois

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